
C’est un beau début : Ophélie Bazillou, l’une des deux héroïnes des « Marais criminels », d’Alexandre Messina (l’autre est jouée par Céline Espérin), incarne une fille à la dérive, prise entre son désir d’être danseuse et sa volonté d’échapper au monde glauque des boîtes de strip. Piquante, balançant entre la mélancolie et le rêve, la jeune comédienne, à 22 ans, a vécu une drôle d’aventure : un tournage d’un mois entièrement basé sur l’improvisation, travail à la fois rigoureux et inventif. « J’étais timide, ça m’a décoincée », dit-elle.
Fille d’un informaticien et petite-fi lle d’un sculpteur, elle a fait ses premiers pas sur scène, en tutu, à Pleyel :
« J’avais 3 ans. Plus tard, j’ai assisté à des dizaines de représentations de “Hamlet”, et je m’identifi ais. » Au cours Florent, après un bac L avec option maths, elle s’est lancée. Ses parents la voyaient dans un truc sérieux, marketing ou business. En bonne adolescente, elle a pris la direction contraire : actrice. Sans imprésario, sans relations, elle s’est lancée, avec une conviction : « Le théâtre, c’est un don de soi au public. »
Ophélie Bazillou hésite encore, cependant : sera-t-elle scénariste, réalisatrice, actrice, magicienne ? Au gré des rencontres, elle se cherche, avec une intense curiosité. Elle admire Benoît Magimel et Johnny Depp, piaffe d’impatience et, quand elle parle d’Art, on entend, dans sa bouche, la majuscule. L’avenir ? « Il est à portée de main », dit-elle, tout sourire.
François Forestier
@ Bientôt,
PGB

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